La prestigieuse équipe du PSG, leader du groupe centre du championnat national, constellée d'internationaux, dont on dit volontiers qu’elle préfigure l'avenir du football dans la capitale, n'a pas intimidé dimanche les vaillants promotionnaires Etaplois, sur sa pelouse du "Camp des Loges". Certes, elle a démontré qu'elle possédait un réel baguage technique, mais ce fut bien peu, en regard de la volonté des joueurs d’Etaples dont l’engagement physique enthousiasma leur millier de supporters et étonna (c'est le moins que l'on puisse dire) un public parisien absolument conquis. L'ASE N'A JAMAIS FERMÉ LE JEU. De toute évidence, on ne peut qu’être séduit par la performance des étaplois qui ont joué crânement leur chance, disputant toutes les balles, soutenant un rythme endiablé en première mi-temps, pour repartir de plus belle durant le dernier quart d'heure du match durant lequel ils firent réellement souffrir les parisiens acculés sur leur but. Ils terminèrent vainqueurs, mais très éprouvés, bien plus en tous cas que leurs adversaires, étonnants de vitalité aux ultimes instants et malheureusement desservis par une malchance insigne. A la 84ème minute, le poteau droit du but parisien renvoya un coup franc, tiré à la limite de la surface, par ROUX. Comble d'infortune, soixante secondes plus tard, MENUGE et Albert BOULANGER rataient successivement le but aux neuf mètres, alors que la défense parisienne, visiblement hors de position, aurait été prise en défaut. Mais les faits d’armes étaplois ne se limitent même pas à cette charge héroïque de la fin de match car, si l’on revient un peu sur le déroulement de la partie, on s’aperçoit qu’ ils avaient même eu la première occasion de but par MENUGE dont le centre tir de loin avait obligé DJORKAEFF à concéder un corner (15ème mn) après que son gardien CHOQUIER ait lâché le ballon. A la 50ème mn, le même CHOQUIER avait dû catapulter l'avant-centre BOULANGER pour sauver son camp en sortant aux 18 mètres et, entre-temps, quelques déboulés du remarquable ailier gauche Albert BOULANGER avaient donné bien des déboires à son adversaire direct, l'international DJORKAEFF, capitaine de l'équipe de France. Bien sûr, en contrepartie, les parisiens s'étaient créés de multiples occasions de tenter leur chance au but. Ils le firent toutefois de loin, ne pouvant s'infiltrer dans la surface où il se trouvait toujours un membre d'une défense rapide à se regrouper pour écarter le danger. Malgré tout, Paris Saint-Germain, qui marqua l'unique but du match sur un tir aussi lointain que soudain de GUIGNEDOUX, sur une action préalable de GARILLIERES (47ème mn), donna du travail au gardien LELEU, lequel se fit applaudir pour sa détente, et son placement aussi. Ainsi, on le vit notamment à la parade sur un coup franc aux 20 mètres de GUIGNEDOUX (22ème mn), puis une reprise en chandelle de REMOND en embuscade devant le but (36ème mn), sur un tir à bout portant de ce même REMOND infiltré au point de penalty (4Oème mn) et enfin, sur un "boulet" de REMOND (encore lui), qui tenta la transformation d'un coup franc au-dessus du mur étaplois (44ème mn). Apres la pause, les parisiens qui mirent encore à leur actif une période de domination stérile, manquèrent le but à la 75ème mn, lorsque BRAS (très actif, mais peu heureux) et REMOND, cherchèrent à conclure au milieu d'un cafouillage dont DUCCOROY, omniprésent à l’ASE extirpa finalement le ballon pour éloigner le danger. En définitive, Etaples s'est certes incliné, mais il a fourni dimanche le vainqueur moral d'un match qui passionna les 3.000 spectateurs et valut bien des satisfactions à son entraîneur PACHURKA. Etaples a perdu, mais avec quel cran !